Petite introduction à la pâtisserie et aux sucreries médiévales…

Jusqu’au XIVème siècle, l’opposition sucré-salé n’existait pas du tout ! Le terme pâtisserie englobait alors tous les apprêts de pâte, quelle qu’en soit leur nature.
Le cuisinier médiéval réalisait de nombreuses confections en croûte, sucrées ou salées. Il ne disposait pas toujours d’un four. C’est pourquoi, il travaillait avec le « pataier » (pâtissier). Avant 1440, l’exclusivité de la vente de galettes, flancs, fouaces et pâtés, et autres tourtes était réservée aux boulangers. Après cette date, les « pataiers » obtiennent ce privilège.

Les gâteaux du Moyen Age étaient divers et variés. Cela va du beignet, en passant par le pain d’épice, les pets de nonnes et pets de sœurs, aux gaufres, plaisirs du palais dont se régalent encore aujourd’hui les gourmands (pardon ! les fins gourmets !).
Mais ces derniers, ainsi que la catégorie des oublies et gâteaux étaient l’œuvre des « oubloyers ». Ils parcouraient les rues, y installaient leur « fournaise à pardon », afin de vendre, à prix modique aux pèlerins de passage, les « nieules », « oublies » et autres « siminaus ».
En milieu urbain, les pâtissiers disposaient aussi de fours mobiles pour proposer leur production au fil des rues : pâtés de viande, de poisson et de fromage.

Les festins étaient l’occasion de déguster de grandes variétés de tartes et flans : « Jacobines », au fromage gras, parfumées à l’orange, les « talmouses » au fromage blanc, les « darioles », parfumées à la cannelle, le « blanc manger », gelée à base d’amandes pilées, les « rissoles » aux fruits secs, le « pain perdu », le « riz engoulé » aux amandes et au miel.

Il faut ajouter à cette profusion de gourmandises, les sucreries, telles que les dragées faites de grains de coriandre ou de genièvre, les fruits secs enrobés de sucre ou pilés ou malaxés, le nougat, les fruits confits, le « madrian » (petites dragées à base d’épices confites), et bien d’autres encore qui adoucissaient le palais des convives. Ces « épices de chambre » constituaient des cadeaux de bienvenue et de remerciement.
Si l’élaboration des plats était très épicée, les cuisiniers du Moyen Age n’hésitaient pas, pour leur composition sucrée, à utiliser des fruits secs.

La tourte à étages de fruits secs faisait l’objet d’un grand succès auprès des convives ; succès non démenti encore aujourd’hui parmi les gourmets de notre troupe, mais aussi et surtout parmi les personnes du public nombreuses et ravies de découvrir cette étrangeté ! Car il s’agit bien de fruits secs, et non point de « charcutaille », que Dame Danielle, cuisinière affairée à ses fourneaux, prépare pour nos gourmands à chaque campement.
Les fruits secs avaient le mérite de tenir bien au corps et étaient considérés comme des mets sains par les médecins. Cette tarte était particulièrement appréciée l’hiver, saison idéale pour l’approvisionnement en fruits secs, d’une part, et en remplacement des fruits frais de l’été, d’autre part.
Servie sous forme de tourte, c’est à dire totalement entourée de pâte, elle présentait également l’avantage de ne pas contenir de denrée périssable, ni beurre, ni lait hormis la pâte bien sûr. Elle se conservait donc longtemps et était de par son aspect compact, mais néanmoins appétissant, pratique à transporter.

Isabelle Poupart

Lien vers la recette : Tourte à étages de fruits secs

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